La méditation du Dimanche


Personne n’a le droit de juger
qui que ce soit, négativement ou positivement.

Juger est un moyen
pour dominer les gens.
Quand vous jugez quelqu’un,
vous essayez d’intervenir dans sa vie,
ce qui n’est pas votre affaire.
Une personne vraie, authentique, permet aux autres d’être simplement eux-mêmes.

Dharma

Le bonheur selon Confucius de Yu Dan


Une analyse de l’ouvrage de Yu Dan.

Résumé du livre : « S’emparant des enseignement de Confucius, dépoussiérant ces classiques vieux de 2500 ans, Yu Dan ne propose rien moins que d’en restituer la philosophie aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui. A mille lieues de l’approche déférente des universitaires, unhje relcture moderne et lumineuse de ces textes, qui nous initie à leur sagesse en nous en révélant les secrets. Des secrets pour comprendre notre monde et ses bouleversements, pour y trouver notre place et nous aider à être plus humains, et surtout plus heureux. »

Selon le dernier classement Relay-Relaxnews publié du 10 au 16 février 2010, qui établit les meilleures ventes grands formats de l’offre romans et essais, Le bonheur selon Confucius de Yu Dan se place en tête du top devant Le symbole perdu de Dan Brown.

Mais quel est donc cet ouvrage écrit par une chinoise inconnue, où il est question de bonheur et surtout d’un homme ayant vécu il y a  2500 ans ?

Pour commencer, je vais vous présenter en quelques chiffres cet ouvrage phénomène sous-titré « Petit manuel de sagesse universelle »  :

–          150 pages si l’on exclut la préface de Shan Sa et l’introduction d’Alexis Lavis

–          écrit par une professeure de littérature chinoise de 44 ans

–          publié en 2006 en chinois sous le titre traduit « Professeur Yu Dan explains the Analects of Confucius », puis en 2009 en anglais sous le titre « Confucius from the heart »

–          vendu à plus de 10 millions d’exemplaires en Chine

Confucius est sans doute le chinois le plus célèbre au monde et a vécu en Chine il y a 2500 ans. Pour plus d’infos, cliquez ici .

Était-ce un penseur ? Était-ce un sage ? Était-ce un philosophe ?

Dans l’introduction, Alexis Lavis nous dit qu’il n’est rien de tout cela. C’est un destin. En effet, le confucianisme représente l’union d’un homme et d’un pays, d’une culture, d’un monde. Et quel pays ? Sans doute, la première puissance du Monde. Passée et à venir.

Confucius serait-il donc intemporel ? Comme Jésus le Galiléen, Bouddha l’indien ?

Cet homme aurait-il donc encore des choses à nous dire, encore des choses à nous apprendre, à nous, femmes et hommes civilisés et évolués du 21è siècle ?

Plus encore, la vérité intemporelle de cet homme peut-elle éclairer le Monde agité que nous connaissons et nous laisser entrevoir un chemin qui nous amènerait à une meilleure compréhension, à une meilleure humanité, et au final à atteindre le bonheur ?

C’est tout l’objet de ce livre.

Tout d’abord, ce livre se réfère constamment au fameux ouvrage « Les entretiens de Confucius », compilation réalisée par les élèves du maître et qui rassemble son enseignement et les éléments de sa vie.

Mais laissons parler Yu Dan pour commencer la présentation de cet ouvrage : « La sagesse de Confucius m’évoque une source d’eau tiède et vivante » qui révèle immédiatement l’origine de ses maux à quiconque s’y plonge. Autrement dit, au lieu de décortiquer et analyser la pensée confucéenne, Yu Dan nous propose une immersion dans une fontaine d’eau tiède, régénératrice et bienveillante.

A nous maintenant d’y plonger !

Le livre est séparé en 6 chapitres ou 6 voies:

–          la Voie du ciel et de la terre

–          la Voie du cœur et de l’âme

–          la Voie du Monde

–          la Voie de l’amitié

–          la Voie de l’ambition

–          la Voie de l’existence

J’ai associé à chaque voie un sous-titre qui résume, me semble-t-il, l’essentiel du chapitre.

–          La Voie du ciel et de la terre (ou comment adopter l’attitude juste)

Cette voie nous permet de débuter aux fondements en nous apprenant comment les Chinois racontent la légende de l’origine du Monde (l’histoire des 3 et des 5 de Xu Zheng) où le ciel et la terre se scindent progressivement à la manière de deux essences : yang, légère et pure qui devient les cieux et yin, lourde, qui devient la terre. Pour les Chinois, cette idée de la maîtrise dans ces deux domaines de vie est essentielle, à savoir l’idéalisme et le réalisme.

Il s’agit d’une image que l’on peut rapprocher du voyage « Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles » que je vous fais parcourir depuis plusieurs semaines. Cliquer ici.

Ensuite, la place de l’homme est précisée à travers l’image de Pan Gu: l’humanité est égale aux cieux et à la terre et les trois éléments constituent les 3 augustes. Autrement dit : les hommes sont dignes de respect et doivent se respecter eux-mêmes.

Pour Confucius, un équilibre harmonieux tant au niveau d’un individu qu’au niveau d’une nation, doit donc passer par ces 3 composantes qui se combinent dans notre cœur.

Ensuite, Yu Dan aborde la question de la richesse matérielle et spirituelle. Sans surprise, la pensée confucéenne nous rappelle que le bonheur n’est qu’un sentiment, qui n’a rien à voir avec la richesse ou la pauvreté mais dépend de notre être intérieur.

La personne idéale est pour Confucius un Junzi que chacun d’entre nous peut devenir.

Et Confucius nous indique la voie pour y parvenir. Cette figure du Junzi traverse tout l’ouvrage.

A la question : « Existe-t-il un seul mot qui puisse guider toute notre vie ? », Confucius répond : « La loyauté et la tolérance ». Cette réponse aussi brève qu’efficace doit nous faire réfléchir. Se montrer tolérant envers autrui, c’est en fait, s’accorder beaucoup plus de place. Le troisième mot clé de cette première voie est « l’humanité ».

Figurent également dans cette partie les réponses aux trois questions fondamentales suivantes:

–          Quelle est la personne la plus importante du Monde ?

–          Quelle est la chose la plus importante ?

–          Quel est le moment le plus important pour agir ?

–          La Voie du cœur et de l’âme (ou comment affronter le regret et la souffrance avec sérénité)

Une des phrases clés de cette voie est une citation du poète indien Rabindranath Tagore qui m’a beaucoup touché : « Ne pleurez jamais d’avoir perdu le soleil ; les larmes vous empêcheraient de voir les étoiles ».

Puisque nous ne pouvons éviter les déboires de notre existence, la position que nous adoptons envers eux est donc extrêmement importante.

Pour illustrer cela, vous découvrirez l’histoire de la jeune fille à la barrette. Magnifique !

Il est question dans cette voie, du courage et de l’esprit positif et optimiste à cultiver sans modération.

Trois principes essentiels du Junzi y sont expliqués : « la bonté sans inquiétudes », « la connaissance sans incertitudes » et «le courage sans peur » afin de ne plus se plaindre et parvenir à être heureux.

–          La Voie du monde (ou comment agir avec nos proches)

L’expression clé de cette voie est la voie du juste milieu, si chère à Bouddha.

Répondre au mal par le mal n’est pas souhaitable. Répondre au mal par le bien n’est pas souhaitable non plus. La troisième attitude consiste en « affronter les outrages avec calme, équité, largesse d’esprit et rectitude». Tout un programme…

De la même façon, l’excès de distance entre individus n’est pas souhaitable. L’excès d’intimité non plus. « Avertis tes amis avec franchise et conseille-les avec douceur. »

Ceci entre donc en résonance avec les limites des relations humaines qu’il faut établir.

–          La Voie de l’amitié (ou comment choisir judicieusement ses amis)

Les trois sortes d’amis utiles selon Confucius sont les amis droits, les amis fidèles et les amis cultivés. Les trois sortes d’amis nuisibles sont les amis flatteurs, les amis hypocrites et les beaux parleurs.

Certes, mais comment faire pour avoir de bons amis et éviter les mauvais ?

Pour Confucius, il nous faut d’abord être bienveillants, avoir le désir de nous lier aux autres et être capables de discernement. L’idéal est de se faire des amis parmi les gens heureux qui prennent plaisir à leur vie telle qu’elle est.

Au final, choisir ses amis, c’est choisir un mode de vie.

–          La Voie de l’ambition (ou comment choisir les moyens les plus proches de son cœur pour atteindre ses buts)

Pour illustrer ce chapitre, je ne résiste pas au plaisir de vous donner lecture d’une petite histoire qui illustre cette voie.

Un jour, un réformateur religieux du 15è siècle passait devant un immense chantier de construction, il vit une foule d’hommes dégoulinant de sueur qui transportaient des briques sous un soleil ardent. Il avisa l’un deux et lui demanda : « Qu’est-ce que vous faites ? ». L’homme répliqua d’un ton rogue : « Vous ne voyez pas ? Charrier des briques, c’est un boulot très pénible ! »

Il posa la même question à un deuxième ouvrier. Beaucoup plus placide que le premier, celui-ci rangea soigneusement les briques qu’il portait, et après un dernier coup d’œil à sa pile, répondit : « Je construis un mur. »

Il interrogea ensuite un troisième travailleur. Jovial et affable, ce dernier posa son fardeau, s’essuya le front et, relevant la tête, dit avec une grande fierté : « Nous bâtissons une église. »

L’histoire est assez démonstrative, non ?

Pour Confucius, la force des actes prime toujours la force des mots. Et l’on entreprend son voyage à partir d’une base fixe : nos valeurs. C’est en construisant à partir des aspirations de notre âme que nous pouvant faire de grands projets ou former de grandes ambitions.

A ce propos, avez-vous trouvé votre mission de vie ?

–          La Voie de l’existence (ou comment rendre notre vie plus fructueuse et plus riche)

Cette voie nous renseigne sur l’évolution des différents âges de notre existence et des repères de Confucius.

Avant trente ans, nous devons étudier et réfléchir puisque Confucius nous dit que « Etudier sans réfléchir est une occupation vaine ; réfléchir sans étudier est dangereux. »

A trente ans, on « prend position », on commence à faire son bilan.

Entre trente et quarante ans, on passe à l’âge ou l’on ne devrait plus éprouver d’incertitudes.

A cinquante ans, on doit « connaître le décret céleste ».

A soixante-dix ans, on ne transgresse aucune règle.

Et vous en apprendrez plus, beaucoup plus,…

Le livre de Yu Dan est passionnant, vivant et profondément contemporain.

Passionnant, parce que nous découvrons la pensée de cet homme hors du commun à travers ses enseignements dont la plupart n’ont pas pris une ride. A la lumière de notre époque contemporaine troublée, force est de constater que nous nous sommes éloignés de ces principes de sagesse universelle traitant de l’homme et de son rapport au Monde.

Vivant, parce que l’auteure ne se contente pas de nous faire part de ces pensées confucéennes, mais les enrichit par des anecdotes, des contes, des histoires et les fait vibrer en les confrontant aux questionnements suscités par notre Monde moderne

Profondément contemporain, enfin, parce que ce livre parle de développement personnel, de relations humaines, de projet de vie et d’attitude générale des hommes face au Monde, à leurs congénères et à la société avec la recherche du bonheur en filigrane de cet ouvrage.

Le bonheur selon Confucius est un livre à lire, à annoter, à laisser reposer, puis à relire au gré de ses envies, de ses questionnements, de ses réflexions.

Si vous souhaitez lire cet ouvrage, vous pouvez le trouver via ce lien :
Le bonheur selon Confucius : Petit manuel de sagesse universelle
Vous ne serez pas déçu(e).

Guillaume Rodolphe.

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Histoire inspirante : Les 3 portes de la sagesse


Les trois portes de la sagesse

Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage.

– Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie, demanda le Prince.

– Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d’entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi.

Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire :

« CHANGE LE MONDE »

« C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas. » Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir. Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du coeur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d’autres lui résistèrent. Bien des années passèrent.

Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas.

– C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise.

Et il disparut. Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire:

« CHANGE LES AUTRES »

« C’était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration. » Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat. Bien des années passèrent.

Un jour, alors qu’il méditait sur l’utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, répondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n’en sont que le révélateur ou l’occasion. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses.

– Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu’ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir.

Et le Vieil Homme disparut. Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots :

« CHANGE-TOI TOI-MEME »

« Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire, » se dit-il. Et il entama son 3ème combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal. Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser.

– C’est bien, dit le Sage.

– Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de me battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise.

– C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru.

Et il disparut.

Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s’aperçut qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait :

« ACCEPTE-TOI TOI-MEME. »

Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la première fois, dans l’autre sens. « Quand on combat on devient aveugle, se dit-il. » Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu’il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer. Il apprit à s’aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer. Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J’ai appris à m’accepter moi-même, totalement, inconditionnellement.

– C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3ème porte.

A peine arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut:

« ACCEPTE LES AUTRES »

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu’il avait aimées comme celles qu’il avait détestées. Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement gêné et contre quoi il s’était battu.

Il rencontra à nouveau le Vieux Sage :

– « Qu’as-tu appris sur le chemin ? demanda ce dernier.

– J’ai appris, répondit le Prince, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux. J’ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement.

– C’est bien, dit le Vieux Sage. C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.

Arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut :

« ACCEPTE LE MONDE »

« Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois. » Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l’éclat et la beauté de toute chose. Par leur perfection. C’était pourtant le même monde qu’autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé ou son regard ? Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :

« – Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai. Il est là ; il existe ; c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que je m’en faisais. J’ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement.

– C’est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde. »

Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l’habita.

– Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plénitude à la Plénitude du Silence.

Et le Vieil Homme disparut.

Texte de Charles Brulhart