Interview de Bernard Giraudeau : Je pense que l’amour et la joie sont liés


Je pense que l’amour et la joie sont liés…

Quelques mois avant sa mort en juillet 2010, Marc de Smedt (Nouvelles clés) avait rencontré Bernard Giraudeau pour un entretien autour de la Joie. Un homme lumineux et serein, passionné par les pratiques de la méditation qui l’avaient aidé à vivre durant sa longue maladie. Voici cet entretien dans son intégralité.

Quand j’ai commencé à parler de mon cancer, j’ai levé certains tabous dans les médias. Ainsi, à travers les émissions télévisées, j’ai pu constater que ce partage créait des retours immédiats et que beaucoup de gens étaient non seulement heureux de mon témoignage, mais que cela les libérait d’entendre parler de leur propre mal. Certes chaque cancer est unique, avec des vecteurs pathologiques particuliers, mais il est important d’échanger : or les personnes malades souvent n’osent pas et ne savent pas en parler. Pourtant, il est important d’exprimer ce que l’on ressent et d’écouter ce que les autres ressentent. Je pense que le fait que je témoigne de mon chemin à travers la maladie et, disons-le, de mon chemin spirituel, a pu aider à éveiller des démarches où l’on ne fait pas que subir le cancer mais où l’on comprend que c’est aussi un chemin de réflexion sur soi-même et au-delà de soi-même : la maladie devient ainsi un vecteur de conscience.

Nouvelles Clés : Vous irradiez d’ailleurs d’une véritable joie de vivre…

Bernard Giraudeau : Je profite mieux de tous les instants de la vie, de mes rencontres avec mes enfants, de ma compagne, des gens que je croise. Je pense que l’amour et la joie sont liés, et se retrouvent dans une intense présence dans l’instant. La joie profonde peut se confondre avec l’altruisme, mais ne peut se limiter à l’excitation d’une suite de joies superficielles. On ne peut être dans une authentique joie sans amour, me semble-t-il. J’ai appris à me poser et à écouter : mon chemin dans la maladie, la prière sans objet et la méditation m’ont ouvert à la joie profonde ; il s’agit là d’un rapport avec soi, avec les autres, avec l’univers, et avec l’infini. Face au mystère insondable qui nous entoure, la plus grande humilité est de respecter cette ignorance-là et de l’aimer. À travers les lueurs que j’entrevois de temps en temps, il me semble deviner quelque chose qui donne un sens à notre passage ici-bas. Je ne veux pas parler de Dieu ou d’un Grand Architecte, car je crois que ces notions nous dépassent infiniment. Tout en étant très attentif à ce que peuvent me dire les gens de foi religieuse, j’essaie d’atteindre une foi toute simple : la foi en la guérison, la foi en l’autre, la foi en l’amour, je crois en cela. Et je précise que l’important n’est pas de guérir la maladie, c’est de guérir l’homme, de se guérir soi. Si l’on se guérit soi, peu importe la maladie. Pour combattre la maladie, il faut savoir aussi lâcher prise avec sa menace.

N.C. : Qu’est-ce qui vous a personnellement aidé dans ce processus ?

B.G. : Au début, pris dans cette sorte de centrifugeuse qu’est la découverte du mal, on part un peu dans toutes les directions, on grappille tout ce qui peut sembler faire du bien et donner des armes pour affronter ce qui nous arrive. Le premier chemin exploré a été celui de l’hypnothérapie : j’ai donc essayé de lutter contre les douleurs des opérations par des visualisations et des méthodes sophrologiques.

Avant la maladie, j’étais déjà marié avec la nature qui me parle, qui me vivifie, qui me met en joie : j’ai donc évidemment aussi gardé ce contact qui a toujours été pour moi une méditation permanente. Et puis les rencontres sont importantes, surtout celles qui apaisent, qui tranquillisent : ma rencontre avec David Servan-Schreiber m’a énormément aidé en cela. Il m’a permis de me sentir plus serein face à la maladie. Non que j’avais ou que j’aie peur de la mort, bien que je ne sois pas encore prêt à partir du fait de ma curiosité de découvrir encore plein de choses. Mais le maelström causé par la maladie appelle un besoin de sérénité. J’ai essayé d’autres méthodes encore qui m’ont fait du bien : l’acupuncture par exemple, ou le tai chi et le qi kong, dont les mouvements parlaient au corps de l’ancien danseur que je suis. Je continue dans ces voies-là tout en privilégiant la méditation, qui est la technique la plus simple et la plus accessible à la demande : j’en fais environ une heure, le matin et parfois dans la journée, ce qui m’aide à rester dans la pleine conscience et à apaiser mes moments de stress, qui peuvent être intenses. Cela me permet d’entrer dans l’acceptation sans la résignation, un double état qui permet de mieux donner du sens à tout ça. Tout cela forme un choix de vie qui me rend plus heureux que je ne l’étais.

N.C. : Ce qui signifierait que ces démarches vous ont aidé à faire des pas dans votre évolution tout en vous rendant heureux de vivre malgré la maladie…

B.G. : Oui, j’ai bien sûr aussi été heureux de vivre jadis comme un grand voyageur qui a navigué sur toute la planète, comme un amoureux de la nature, avec une énorme curiosité et un appétit d’aventures. Mais à partir du moment où je peux moins bouger, c’est un autre voyage qui a commencé et qui se révèle vraiment passionnant.

N.C. : Quel conseil donneriez-vous à un jeune pour mieux vivre sa vie ?

B.G. : Ce que je dis à mes enfants, c’est d’être dans la disponibilité et la curiosité, mais surtout dans l’attention au maximum dans chaque instant. C’est aussi d’être suffisamment poreux aux autres. Et de continuer à s’émerveiller. Il suffit de regarder la nature très attentivement pour constater que ce qui se passe là est inouï. Le miracle de la vie est permanent. Grâce à l’attention dans l’instant, il faut et on peut se dire chaque jour que la vie est merveilleuse et incroyable : on ne peut qu’être humble et en état de joie devant cela.

Que dire de plus?…le silence et c’est déjà beaucoup!

Cultiver et partager le bonheur au quotidien


Je vous propose d’aller visiter nos amis belges

Le Vendredi 24 septembre 2010

De 8h30 à 17h15

Centre culturel d’Auderghem (Bruxelles)

« Cultiver et partager le bonheur au quotidien »

Symposium interdisciplinaire sur la psychologie positive

avec

Christophe André, Isabelle Filliozat, Thomas d’Ansembourg, Jacques Lecomte, Eric Lambin et Matthieu Ricard

Matthieu Ricard
Eric Lambin
Isabelle Filliozat
Thomas d’Ansembourg
Christophe André
Jacques Lecomte

Et de 19h à 21h30

« Regards croisés sur le bonheur »

Conférence interactive avec les mêmes intervenants

Christophe André, psychiatre français, décryptera les mécanismes du bonheur et abordera l’utilité de la psychologie positive pour tous.
Isabelle Filliozat, psychologue, psychothérapeute et auteure française, développera la question du bonheur en famille.
Thomas d’Ansembourg, auteur et psychothérapeute belge, proposera quelques outils pour être présent de manière plus harmonieuse à nous-mêmes et aux autres.
Jacques Lecomte, docteur en psychologie, président de l’association française et francophone de psychologie positive, nous parlera de la complémentarité entre transformation personnelle et transformation sociale.
Eric Lambin, professeur à l’UCL et à l’Université de Stanford, nous guidera de manière positive à travers les multiples interactions entre bien-être individuel et protection de l’environnement.
Enfin, Matthieu Ricard, moine bouddhiste français, abordera les effets positifs de la méditation et de l’altruisme tant d’un point de vue scientifique que philosophique.

Plus d’infos ici.

La meditation du Dimanche


Je compare souvent l’esprit en méditation à un pot d’eau boueuse:

plus nous laissons l’eau être, sans interférer ou sans l’agiter,

plus les particules de saleté se déposent au fond,

laissant ainsi briller la clarté naturelle de l’eau.

Sogyal Rinpoché

La necessite de l’altruisme


La nécessité de l’altruisme par Matthieu Ricard (photographe : Matthieu Ricard)

J’ai assisté il y a quelques jours à Paris à une conférence de Matthieu Ricard intitulée : « La nécessité de l’altruisme ». Je voulais partager avec vous ce moment.

Qui est Matthieu Ricard ?

Tout d’abord, je voudrais vous rappeler qui est Matthieu Ricard. C’est un moine bouddhiste, photographe et auteur. Il  est le fils du philosophe et journaliste Jean-François Revel. Il vit et travaille dans la région himalayenne depuis quarante ans. Il est l’interprète français du Dalaï-lama. Matthieu Ricard fait don de tous les revenus de son travail à trente projets humanitaires en Asie auxquels il consacre une grande partie de son temps coordonnée par l’association Karuna-shechen, qui met en place des projets humanitaires dans le domaine de l’éducation, de la santé et de préservation de l’héritage culturel.  Huit écoles ont été ainsi construites, dont les dernières en bambou ; l’une d’entre elles regroupe 800 enfants. Au plan sanitaire, 16 cliniques ont vu le jour et 100.000 services médicaux ont été prodigués. Une clinique construite au Népal reçoit 45.000 patients par an dont 60% sont traités gratuitement. Enfin, 12 ponts ont été construits, éléments vitaux pour la sécurité des habitants et pour le développement économique de ces régions reculées. Pour plus d’informations sur l’association Karuna-shechen dont il est le fondateur et président :  www.karuna-shechen.org.

La conférence

La salle était comble ; je dirais environ 1000 personnes. L’auditoire était varié. Des jeunes et des moins jeunes, un moine tibétain ; quelques invités célèbres comme Christophe André et surtout beaucoup beaucoup d’anonymes. La conférence a duré environ 1h30 et MR a parlé sans note, assis, d’une voix claire et posée, s’appuyant parfois sur quelques images projetées.

J’aimerai maintenant en quelques lignes vous donner les principaux éléments de la conférence qui ont retenu mon attention.

  1. L’égoïsme n’est pas le propre de l’homme

MR a commencé sa conférence en nous indiquant que l’altruisme était comme un fil d’Ariane entre les 3 temps :

–          Le temps économique (celui de l’instantanéité) : qui va de plus en plus vite

–          Le temps humain (celui qui dure environ 100 ans)

–          Le temps de l’environnement (plusieurs centaines, voire milliers d’années)

La première partie de la conférence aurait pu s’intituler « comment combattre les idées reçues sur l’égoïsme ».

Dans cette première partie, notre moine tibétain s’est centré sur le combat de l’idée répandue selon laquelle l’homme est égoïste (et sous-entendu le restera). En s’appuyant sue de nombreux exemples pris dans l’Histoire (Les Justes qui ont sauvé des Juifs pendant la seconde guerre mondiale souvent au péril de leur vie) ou d’anecdotes (l’homme qui a sauvé un passager tombé sur les voies du métro New-Yorkais), il a combattu avec conviction l’idée selon laquelle l’homme est et restera centré sur lui-même et qui prône que tout acte apparemment altruiste n’est que de l’égoïsme déguisé.

Il est revenu sur le fait que tout altruisme entraine chez celui qui le pratique une harmonie retrouvée avec soi-même. Cette harmonie n’est pas une motivation première de l’acte, mais en est une simple conséquence, intrinsèquement relié comme « la chaleur d’une flamme et cette flamme ».

  1. Si l’altruisme existe, il est nécessaire de le cultiver

Au plan génétique, nous pouvons considérer que nous sommes quasi identiques qu’il y a 50.000 ans. Autrement dit, attendre de voir éclore le gène de l’altruisme semble bien trop long si l’on considère notre échelle de temps.

Au plan culturel, il n’est pas impossible qu’être altruiste donne un avantage sur les égoïstes. En effet, si les altruistes grandissaient en nombre et coopéraient, ils pourraient tirer avantage de cette coopération sur les égoïstes qui, par essence, ne coopèrent pas. Car ils sont égoïstes !

Enfin, deux concepts scientifiques sous-tendus parr des découvertes récentes viennent appuyer ces considérations :

–          L’épigénèse : l’embryon se construit graduellement par addition de parties nouvelles. On sait maintenant que notre héritage génétique est comme un plan qui peut ou non être mis à exécution.

–          La neuroplasticité : Le système nerveux n’est pas un système figé. Il est le siège d’un remodelage permanent de ses connexions lui permettant de se développer (stade embryonnaire et post-natal), puis de s’adapter à de nouvelles contraintes environnementales (stade adulte). J’en avais parlé dans un de mes précédents articles.

Aussi, nous ne pouvons pas attendre une éventuelle modification génétique ou compter sur d’autres personnes qui par voie de contigüité pourraient étendre l’altruisme. Il nous faut commencer par nous-mêmes. Et cela peut valoir le coup car rien n’est figé et surtout pas notre cerveau.

  1. Comment développer notre altruisme ?

Première constatation : nous en avons tous le potentiel. Nous sommes bienveillants naturellement à l’égard de nos enfants, de notre famille, de nos proches. Parfois de nos collègues et ça s’arrête souvent là.

Deuxième constatation : Ces états mentaux sont fugaces. Ils sont vite remplacés par d’autres états mentaux, des pensées,…

Troisième constatation : Cultiver des états mentaux spécifiques n’appartient pas à notre culture occidentale. Autant, nous pouvons passer beaucoup de temps à apprendre à lire, à écrire, à compter, à jouer aux échecs, à pratiquer un sport, à promouvoir son activité de blogueur(se),…autant l’apprentissage du maintien d’un état de bienveillance n’est pas développé dans nos pays jusqu’à présent.

C’est la pratique de la méditation qui permet à notre esprit de cultiver et de maintenir notre état d’esprit de bienveillance, de compassion.

Cet altruisme absolument nécessaire est devenu indispensable dans la crise que nous traversons.  Une conférence du Mind and Life Institute vient d’avoir lieu sur le thème de l’altruisme et de la compassion dans les systèmes économiques.

Pour finir, MR nous a fait pratiquer une courte séance de méditation de 5 minutes environ. Et c’est toujours très émouvant de méditer en silence, yeux clos, avec 1000 autres personnes.

Enfin, si l’on devait résumer cette conférence en trois mots les mots seraient ceux prononcés par MR en réponse à une question dans la salle sur la manière de passer de la parole aux actes.

D’abord la vue : voir ce qui est, être attentif, ne pas se laisser abuser par une vue court-terme et aller au-delà de ce qui est perceptible au premier coup d’œil

Ensuite la méditation : qui permet de cultiver un état de bienveillance et de compassion

Enfin, l’action qui permet de traduire notre bienveillance  en actions concrètes pour autrui.

Oui, l’altruisme est une nécessité !

Si une conférence de Matthieu Ricard est programmée dans votre ville, ne la ratez pas ! Non seulement, vous écouterez un occidental  bouddhiste qui met en œuvre concrètement l’altruisme dans sa vie, ensuite vous pourrez pratiquer quelques minutes de méditation , mais surtout vous serez utiles car les bénéfices sont reversés à l’association Karuna-Shechen. Vous pouvez consulter ce lien.

Sinon, pour acheter les ouvrages récents de Matthieu Ricard, vous pouvez le faire via ce lien.

Si vous avez aimé l’article, vous pouvez lui donner un coup de main :

Scoopeo

Fuzz

Blogasty

Les 5 derniers principes à adopter d’urgence pour continuer à vous enrichir


Ceci est la deuxième partie de l’article « Dix principes à adopter d’urgence pour continuer à vous enrichir » ; la première partie de cet article se trouve ici.

6. Soyez le centre de votre réseau

Votre réseau détermine votre valeur. Bâtissez un solide réseau de contacts personnels qui savent qui vous êtes, ce que vous offrez et vers où vous vous dirigez. Investissez dans votre réseau en les aidant à réussir eux aussi. Découvrez quels sont leurs rêves et leurs objectifs, ce qu’ils offrent et ce qu’ils veulent, et mettez le temps et les efforts pour les aider. Vous hésitez ? Mais de quoi avez-vous peur ?

7. Prenez soin de vous

Si vous ne vous sentez pas bien, physiquement, mentalement, émotionnellement et spirituellement, il est très difficile de créer les résultats que vous souhaitez. Tenez-vous à des normes élevées à propos de votre condition physique, de votre environnement et dans les relations que vous avez. Apprenez à gérer votre stress et faites que «être en bonne santé» fasse partie de votre description de tâches. Par exemple, la méditation de pleine conscience est une pratique qui centre sur l’instant présent et vous aide à vous sentir bien. Elle est maintenant recommandée par les médias généralistes par exemple celui-ci et celui-là.. Si vous avez encore des doutes, vous pouvez lire l’article « Dix idées reçues sur la méditation ». N’oubliez pas : plus vous vous sentirez en forme, plus vous aurez confiance en vous pour passer à l’action.

8. Si vous voulez plus, donnez plus

La réponse naturelle lorsque les temps sont durs c’est de réduire, de restreindre, de penser et d’agir petit. Vous avez tout faux. En faisant le contraire, en étant généreux, ouvert, utile, de bienfaisance et de soutien, vous pourrez attirer l’attention et la reconnaissance. Vous devenez plus précieux pour les gens autour de vous, et vous serez récompensés avec des clients qui apprécient ce que vous proposez et qui sont prêts à faire pareil. Au besoin, clarifiez cela avec un coach.

9. Créez un fondement solide

Pour prospérer dans cette période de perturbation, vous avez besoin d’avoir un système de guidage interne: comprendre qui vous êtes, quel impact vous voulez créer autour de vous, et ce qui vous pousse à l’action. Plongez dans la découverte et le développement personnel et posez-vous des questions difficiles. Plus votre boussole interne sera développée, plus vous serez en mesure de naviguer avec confiance dans la mer de l’incertitude. Je vous engage à débuter le voyage « Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles ».

10. Vivez votre passion

Assurez-vous que vous faites ce que vous aimez, et faites-le d’abord parce que vous aimez le faire. Vous pouvez le clarifier à l’aide de l’article Comment trouver votre mission de vie.

La vie est trop courte pour la perdre à faire ce qu’on n’aime pas. Plus vous serez passionnés à propos du changement que vous voulez créer autour de vous, plus vous attirerez des clients qui reconnaissent la valeur de qui vous êtes et de ce que vous offrez. Et plus ils seront prêts à engager leur temps, de l’énergie et de l’argent dans ce que vous offrez … quel que soit l’état de l’économie.

La réalité est que personne ne viendra vous secourir dans des périodes difficiles. Pour prospérer maintenant, comme en tout temps, il faut avoir un objectif précis et être ingénieux, en étant clair sur qui l’on est et ce que l’on veut, convaincu de l’importance de notre projet, et avec la confiance et le courage de passer à l’action. La dynamique que vous créez maintenant vous donnera une base solide pour construire le succès, peu importe l’état de l’économie autour de vous.

Concentrez-vous sur votre vision, décidez le changement dans votre vie et vous réussirez à vous enrichir à tout point de vue, quelles que soient les conditions économiques!

Vous pourrez alors proclamer : Merci la crise !

Un dernier mot : Même les aigles ont besoin d’encouragement !

Avec bienveillance

Guillaume Rodolphe

Dernier petit effort :

Vous pouvez donner un coup de main à l’article, si vous l’avez apprécié :

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fuzz

blogasty

La méditation du Dimanche


Les fleurs flétrissent facilement, et pourtant elles ne cessent de fleurir:
l’eau dans la rivière est toujours fluide, et pourtant, le flux semble immuable.
Le sens de la vie peut être réalisé en vivant totalement la vie.
Le changement est la vérité éternelle.

Zen

Parmi les derniers articles postés ces dernières semaines sur le blog,
avez-vous lu ces 5 articles?

L’épitaphe

L’argent n’est pas ce que vous croyez

Comment unir notre corps, notre esprit et nos émotions

3 attitudes et 4 compétences à cultiver sans relâche

Peut-on guérir de ses maux par des mots?

A très bientôt

Pourquoi ils méditent? Dossier Nouvel obs Les pouvoirs de la méditation


Les cadres surmenés sont de plus en plus nombreux à «observer leur souffle» et à «regarder leurs pensées passer». Que cherchent-ils ? Que trouvent-ils ? Leurs réponses

Tous les jours – à l’hôtel, dans un avion, chez lui ou plus rarement à l’arrêt du bus – Jean-Michel, 47 ans, médite. Au moins deux heures. Une le matin, une le soir. Artiste, toujours par monts et par vaux, il s’astreint à cette discipline. «Mais attention vous allez décourager vos lecteurs si vous citez mon exemple. » Que Jean-Michel reste serein : il y a autant de pratiques de méditation que de méditants (voir p. 16). Surtout parmi ceux qui le font en «indépendant», c’est-à-dire sans maître ni gourou de peur d’être embrigadés dans une chapelle, voire une secte. Ceux-là pratiquent une sorte de méditation à la carte. Avec l’aide d’un manuel livre ou CD – ou les conseils d’un ami plus expérimenté. Ils forment les bataillons des nouveaux convertis. On les trouve de plus en plus nombreux parmi les «branchés». Citadins hyperactifs, comme ils se définissent en quête de la touche pause.
Jean-Michel organise parfois chez lui des séances de méditation informelles. Il y convie des aguerris comme lui et quelques néophytes. C’est à cette occasion qu’une de ses amies, Valérie, a sauté le pas. Scientifique de formation, plutôt cartésienne, femme d’affaires dans la mode, cette mère de deux enfants « tournait autour du truc » sans se décider vraiment. «J’avais une appréhension pour les stages beatniks. » Trois heures à «observer son souffle et regarder ses pensées passer», et la voici prête à recommencer. C’était il y a quinze jours. Elle n’en a pas eu l’occasion depuis. Mais son état en postméditation lui a plu. «Je planais. » Peut-être trop, d’ailleurs, au goût de la chasseuse de têtes chez laquelle elle a, dans la foulée, rendez-vous : «J’avais la tête ailleurs. Je ne cherchais pas à me vendre. Je n’avais plus la niaque. »
Valérie est encore un peu béotienne pour discourir longuement des vertus de la méditation. Mais pas des motivations : « On reçoit 1600 mails par jour On est sur son BlackBerry en permanence. Il faut absolument trouver quelque chose pour contrecarrer ces technologies qui nous font faire tout plus rapidement. » Tout comme elle, Lucie, 38 ans, est, selon son expression, une «Parisienne typique un peu stressée ». Cette responsable de relations institutionnelles se compare même au lapin survolté de Duracell. Arrive un moment « où il faut trouver le bouton on-off pour ne plus être dans une agitation continuelle». Voilà le leitmotiv. Prendre le temps de respirer (au sens le plus méditant du terme). Vingt minutes par jour, le plus régulièrement possible. Seul le plus souvent et parfois en petits groupes : une étudiante en socio, un informaticien, un architecte… des CSP++ mais d’horizons variés. Quelques babas cool et beaucoup de branchés. C’est «une expérience radicale pour des gens nerveux et bêtes comme moi» et « un travail qui permet de refaire une page blanche». Pour Jean- Michel, c’est « comme reconfigurer un disque dur ».

« On est dans une bulle »
Du lapin, on passe à la «centrale électrique » ou à la « centrifugeuse » avec Violaine. Ce sont les deux expressions utilisées par cette créatrice dans la pub pour décrire sa vie professionnelle. A 33 ans, cette autre jolie jeune femme a déjà l’impression de s’être brûlé les ailes au boulot : le stress, les ego des gens… «Je ne veux pas être abîmée par ça. » Du yoga, la voilà tout naturellement tombée dedans. « C’est un moment pour soi. On est dans une bulle. Cela permet d’être plus puissant dans le quotidien. Plus détendu. » Elle parle de sa génération « moins obsédée que la précédente par le boulot, le fric… Et plus concernée par la planète, la nécessité d’agir de manière harmonieuse avec son environnement et avec soi ».
Paul a approximativement le même âge. Lui aussi dit avoir « marné pour ses études », pour trouver un boulot et le conserver. Installé à Turin, il est consultant en organisation dans une multinationale. «Beaucoup de déplacements, trop de stress. » Il a aussi pas mal fait la fête. «Et tout à coup, tu réalises que ça ne te rend pas heureux. » Un copain passe par là qui a « fait vipassana ». Et Paul saute à pieds joints : c’est une retraite de dix jours dans un centre bouddhique : «Les trois premiers, tu médites sur l’air qui entre et sort de tes narines. Les sept autres, tu les consacres à observer ce qui se passe sur ta peau, dans chaque partie de ton corps. » Ambiance « hypermonacale » : interdit de parler, de regarder, de toucher les autres. Lever 6 heures, menu végétarien. Mais c’est, dit Jean-Michel, lui aussi adepte de vipassana, à chaque fois un « travail de nettoyage intérieur profond». Ce serait aussi le contexte idéal pour parvenir à l’« équanimité » (la sérénité, grosso modo), le tout sans engagement d’aucune sorte. Dans les centres bouddhiques, «ces vipassana sont basées sur le bénévolat». Autrement dit, c’est gratuit. On donne ce que l’on veut. «Je me suis royalement défaussé de 100 euros. Ce sont les vacances les moins chères de ma vie», dit Paul, en riant.
C’est à cette occasion qu’ils ont fait leur apprentissage. D’autres comme Sandrine, scénariste et comédienne, l’ont fait dans un livre, et surtout grâce au CD vendu avec. Et pour le moment, cela lui suffit. Elle est, comme les autres, «une bobo branchée qui veut pouvoir se débrancher à un moment donné ». Tous les matins, donc, pendant une demi-heure, elle «se pose pour être uniquement dans le moment présent ». Depuis qu’elle médite – quatre ans tout de même -, le « brouhaha névrotique de son cerveau » lui serait apparu clairement : «Je me suis aperçue que mon esprit, de manière naturelle, se créait des zones d’anxiété. » Pourtant, ajoute- telle, l’idée n’est pas d’empêcher ses pensées de défiler. Mais d’en être consciente. Grâce à cet «apprentissage de distance par rapport à soi», Sandrine – qui suit en parallèle une analyse – a « changé de point de vue sur elle-même» : «J’ai ainsi pris conscience que je passais mon temps à me détester. »
Quelques-uns de ses proches ont été convaincus. C’est comme ça, par capillarité amicale, que se propage l’art de la méditation. Certains abandonnent en cours de route. D’autres s’accrochent au risque, parfois, d’en faire trop. «Le danger réel, c’est la déconnection. Le nombre de mecs que tu rencontres et qui sont fracassés te fait réfléchir, remarque Paul avant de reprendre à son compte cet adage, il faut méditer pour vivre et non pas vivre pour méditer. »

Nicole Pénicaut

Bernard Giraudeau « J’ai pu accepter de mourir »

La méditation autorise l’exploration d’un territoire intérieur inconnu, vaste et infini. Elle a été pour moi, depuis dix ans, la manifestation d’un changement d’idéal. Je m’y suis intéressé car il était nécessaire que je modifie mon mode de vie, mon regard sur l’existence et sur moi-même pour guérir. Guérir de quoi ? Les questions étaient immenses… Le cancer n’a été qu’un révélateur. Je courais le monde, j’étais insatisfait et toujours en quête d’action. Je me suis posé. J’étais impatient, soumis à des changements d’humeur, enchaîné à mes émotions. J’ai appris à être là et à jouir de l’éternité d’un instant. Se taire, observer son souffle, évacuer les angoisses, apprendre à s’accepter sans se résigner : c’est la vie même. Lorsque l’on ressent une saturation du monde extérieur, il s’agit de visiter le monde du dedans, approcher en soi une vérité que l’on ne connaît pas. Dans cette harmonie du corps et de l’esprit, il y a une détente et en même temps une conscience du présent qui vous laissent plus reposé que le sommeil lui-même. Méditer, c’est l’inverse de la définition du dictionnaire. Rien de compliqué. Un exemple : vous visualisez un ruisseau qui coule, une montagne, des nuages qui passent ou une plage de sable et vous y êtes, en pleine conscience.
En méditant, j’ai pu accepter de mourir. Mais aussi apaiser les souffrances de la maladie. J’ai déjà subi trois opérations chirurgicales lourdes. La technique de l’autohypnose m’a permis d’observer ma douleur et de la tenir un peu à distance. Je suis convaincu que le corps est pénétré d’intelligence. On peut parler à ses cellules. De nombreuses études et expériences démontrent aujourd’hui que la méditation est un soin. Pourquoi toujours engager un combat frontal avec ce qui va vous détruire ? Je passe par des moments très difficiles mais j’ai un recours. Si je me réveille le matin et que je vais mal, je médite, j’élimine ma douleur et je me concentre sur certains points de mon corps… Bien sûr, il y a des frustrations et des déceptions dans la méditation. Mais aussi des rencontres : celles de quelques maîtres en simplicité et en gaieté qui vous révèlent à vous-même.
Je suis un méditant laïque. Mais la discipline de la méditation m’a fait ressentir qu’il y a bien, en nous, une force qui nous dépasse.

Eric-Emmanuel Schmitt « Le point de vue de l’autre »

J’ai découvert la méditation lors d’un voyage au Japon en contemplant l’ordonnancement d’un jardin zen. De manière aussi subite qu’inattendue, j’ai alors expérimenté la perte de soi, l’éclatement de la pensée et le bien-être qui en découle. Ayant vécu cette expérience bien malgré moi, j’ai voulu en savoir plus sur la pratique de la respiration, les postures… En Belgique, où je réside, j’ai pris quelques cours de yoga avec des moines bouddhistes zen. J’ai quelques recettes en main qui me servent notamment pour écrire. Grâce à la méditation, on peut se mettre à l’écart, se détacher de ce qui nous retient et saisir ainsi plus facilement le point de vue de l’autre. Ce qui est le propre de l’écriture. Mon livre préféré ? « Le Livre tibétain de la vie et de la mort » de Sogyal Rinpoché, qui nous enseigne le détachement à l’égard de nous-même et la proximité avec l’autre.

Source :  http://hebdo.nouvelobs.com/sommaire/dossier/097828/pourquoi-ils-meditent.html